Les médecines manuelles existent depuis très longtemps comme l’atteste cette phrase cette phrase traduite d’inscriptions figurant sur des tombes de Hatnub en Egypte : « j’étais un prêtre de Sekhmet, puissant et habile dans son art. Je posais ma main sur le malade et je comprenais (sa maladie). J’étais habile à examiner avec mes mains ... » signé Aha Nekht, médecin de l’homme et des animaux.

En médecine traditionnelle chinoise, l’écoute manuelle revêt une grande importance, en particulier dans la lecture des pouls et permet de déterminer avec une grande finesse les dysfonctionnements organiques du patient.

En occident, Ambroise PARE au XVIème siècle préconisait les thérapies manuelles.

Toutefois, l’ostéopathie telle qu’on la connait est née notamment du Dr ANDREW TAYLOR STILL au XIX ème siècle (1874). Même s’ils ont évolués, les quatre principes qu’il émet sont toujours d’actualité en ostéopathie vétérinaire :

  • La structure gouverne la fonction :

L’interdépendance structures/fonction est absolue. Ainsi, toute atteinte de la colonne vertébrale par exemple va entraîner un dysfonctionnement dans le soutien du corps, la locomotion, le fonctionnement des muscles qui s’y attachent, mais également tous les nerfs, vaisseaux qui émergent de la colonne.

Ces lésions auront donc des conséquences à distance sur les viscères innervés et vascularisés par ces structures, ainsi que tous les organes liés au rachis.

  • La règle de l’artère est absolue :

La circulation artérielle conditionne le bon fonctionnement des organes qu’elle irrigue. Là où le sang circule normalement, la maladie est impuissante à se développer, car notre sang est capable de fabriquer tous les principes utiles pour assurer l’immunité naturelle. Lors d’une lésion ostéopathique, la musculature augmente de tonicité par une contraction réflexe de ses fibres.

La compression des vaisseaux sanguins veineux entraîne un ralentissement de l’évacuation du sang vicié et des toxines stagnent dans les tissus ; Le sang artériel est aussi ralenti et l’approvisionnement du foyer lésionnel est appauvri.

Il en résulte à cours terme des risques d’apparition d’une réaction inflammatoire locale et à long terme une dégénérescence tissulaire (fibrose musculaire, peau eczémateuse, pertes de poils, mycoses, …).

  • L’atteinte de la fonction précède la dysfonction :

La perturbation de la fonction intervient avant l’état lésionnel d’un organe. Une perturbation se produisant dans une région déterminée peut alors provoquer des réponses spécifiques dans n’importe quelle autre partie du corps.

  • L’autoguérison :

Le corps possède en lui-même les capacités de surmonter la maladie tant que ses structures et fonctions demeurent en état d’équilibre réciproque. La réduction d’une dysfonction permet d’engager le processus de guérison.

STILL disait : « Cherchez la lésion, trouvez-la, corrigez-la et la nature fera le reste ».

Ensuite, d’autres illustres personnes ont apporté leur pierre à l’édifice :

1917 LITTEL JOHN fonde la BSO à Londres

1930 W.G. SUTHERLAND  établit l’ostéopathie crânienne. Il définit le MRP (Mécanisme Respiratoire Primaire) crânio-sacré, perceptible au niveau du système nerveux central et de toutes les cellules de l'organisme.

Sutherland caractérise les micromouvements involontaires qui animent toutes les structures, même paralysées. Un micromouvement lésé bloque le macromouvement, comme un maillon grippé sur une chaîne de vélo. Par exemple, une gastrite chronique peut être consécutive à une lésion de l'occiput, car l'innervation de l'estomac se fait par le nerf vague, qui sort du crâne au niveau de l'occiput.

Ces quelques exemples montrent la complexité du vivant et l'interrelation des structures, d'où la nécessité d'une prise en charge précoce et globale de l'animal.

1951 HAROLD MAGOUN établit  la  synthèse de l’ostéopathie crânienne

1964 VIOLA FRYMANN ostéopathe américaine, décrit les fascias : ce terme désigne tout ce qui relie une structure à une autre dans le corps (tissu conjonctif, aponévroses, méninges, vaisseaux, nerfs...).

Les fascias permettent une intercommunication entre les structures et peuvent nous conduire à travers tout le corps, ce qui permet une action (écoute diagnostic et traitement) à distance de la position des mains de l'ostéopathe sur l'animal.

1983 JOHN UPLEDGER transpose le concept ostéo-crânien à l’ensemble du corps.

1985 BARRAL  élabore le concept de manipulation viscérale.

 

En médecine vétérinaire ostéopathique, Francis Lizon et Dominique Giniaux sont les pionniers français. La relève est assurée grâce à des vétérinaires ostéopathes passionnés (et notamment les enseignants de l’IMAOV bien sûr) qui transmettent passionnément leur savoir et compétences en matière d’ostéopathie vétérinaire.